J'ai reçu hier un mail qui m'a interpellée sur 3 thèmes importants en rapport avec l'ief.
J'ai choisi de répondre sous forme de lettre ouverte sur ce blog car les questions posées sont pertinentes et je pense qu'elles sont susceptibles d'intéresser les personnes qui me lisent.
Les 3 thèmes sont les suivants:
1/ IEF et mouvements sectaires
2/ contrôle social dans le cadre de l'IEF
3/ le risque d'imposer ses propres goûts à son enfant
Tout d'abord en ce qui concerne les sectes, je pense que ce phénomène touche tous les milieux et que personne n'est à l'abri d'être approché par une secte.
Je ne sais pas s'il y a des études prouvant qu'il y a plus d'adeptes chez les familles qui pratiquent l'IEF que chez celles dont les enfants sont scolarisés mais je ne vois pas pour quelles raisons ça serait le cas.
En ce qui me concerne, je suis une personne indépendante qui aime trop sa liberté pour se laisser "endormir" et manipuler par une secte.
Je résume mon attitude par la phrase "Ni Dieu Ni maître" qui me va comme un gant. Mon mari et moi n'appartenons à aucun mouvement politique, philosophique ou religieux, et nous agissons sans aucune pression ou contrainte de quelque nature que ce soit.
Maintenant la vigilance reste d'actualité, car il est facile quand on fait un choix "marginal" et qu'on se sent jugé ou rejeté, de tomber entre les griffes de personnes trop "compréhensives" pour être honnêtes.
Que penser du contrôle social des familles dont les enfants ne sont pas scolarisés?
Tout d'abord, je comprends que ce contrôle puisse effrayer les familles, car ça n'est pas évident d'être évalué (on peut penser "jugé") par des inconnus qui ont parfois une vision très subjectivement négative de l'IEF.
De plus on est en droit de se demander pourquoi IEF = suspicion de mauvais traitement. Est-ce-que cela signifie que tous les enfants scolarisés sont élevés par des parents irréprochables?
Je suis pour le contrôle social. Premièrement car nous pratiquons l'IEF dans la transparence la plus totale, nous n'avons rien à cacher et notre porte est grande ouverte.
Deuxièmement dans le cadre de ma profession d'assistante maternelle je suis contrôlée régulièrement, je ne sais pas exactement en quoi consiste un contrôle social, mais je peux vous décrire par quelles formalités une assistante maternelle doit passer avant d'avoir son agrément:
Elle doit fournir un extrait de casier judiciaire pour toutes les personnes majeures de son foyer.
Elle doit fournir un certificat médical attestant de sa capacité physique et psychologique à exercer ce métier.
Les vaccins de la famille doivent être à jour, et on demande parfois une radio des poumons.
Elle reçoit plusieurs visites des services de PMI qui évaluent la maison , l'assistante maternelle et sa famille.
La maison est passée au crible pour s'assurer que les conditions d'hygiène, de sécurité et de confort sont optimales.
L'assistante maternelle est évaluée par des questions plus ou moins "pièges", toute sa vie est épluchée (enfance, revenus du foyer, crédits en cours, cela va beaucoup plus loin que la connaissance des enfants...)
Dans certains cas l'assistante maternelle est convoquée par un psychologue.
Enfin, elle doit suivre une formation, et peut "bénéficier" de contrôles de la PMI à n'importe quel moment.
Tout ceci fait que je suis relativement sereine.
Finalement, les risques d'imposer ses propres goûts à son enfant, et en fin de compte de ne pas le laisser s'épanouir en temps qu'être humain à part entière.
C'est un questionnement intéressant: dans quelle mesure influençons nous les choix et les goûts de nos enfants?
J'ai un peu de recul sur la question étant donné que j'ai 2 ados. Certes ils n'ont pas fait "l'école à la maison" mais j'aimerais parler d'eux pour éclairer le sujet.
La première chose que je leur ai appris est: "Soyez vous même, ne vous laisser pas influencer par les autres, respectez vos propres goûts, vos propres envies même si cela va à l'encontre de la "mode" "
J'ai la chance d'avoir des enfants qui connaissent leurs priorités, leurs propres goûts qui ne sont pas dictés par la publicité.
Je leur ai transmis certaines de mes passions comme la lecture, le cinéma, l'histoire et mon goût pour les langues étrangères.
Ils ont aussi des centres d'intérêts qui n'ont rien à voir avec moi et heureusement.
Par exemple, ils ont des goûts musicaux différents des miens. Mon fils est très sportif ce qui n'est pas mon cas. Il joue aussi d'un instrument alors que je n'ai pas de don pour la musique. Il est plutôt scientifique et aime les jeux vidéos ce qui me laisse de marbre.
Ce ne sont que quelques exemples qui montrent que mon mari et moi sommes ouverts et souhaitons que nos enfants multiplient les expériences pour trouver leurs propres centres d'intérêts.
Je ne souhaite pas faire d'Audrey une Nathalie bis, et ceux qui la connaisse savent qu'elle a suffisamment de caractère pour ne pas se laisser faire! ![]()